Arnaque n°1 : le démarchage à domicile pour travaux urgents
Le scénario classique : un individu se présente à votre porte en déclarant avoir « remarqué un problème sur votre toiture » (ou vos fenêtres, votre cheminée…) en passant dans le quartier. Il propose d'intervenir immédiatement à un « prix exceptionnel valable aujourd'hui seulement ». Pourquoi c'est dangereux : ce démarchage à domicile crée une pression artificielle pour vous empêcher de comparer. Les devis sont généralement sans référence de prix marché. Les intervenants n'ont souvent aucune assurance décennale. La protection légale : depuis la loi Hamon (2014), vous avez 14 jours pour vous rétracter après tout contrat signé suite à un démarchage à domicile. L'artisan ne peut pas vous demander de paiement pendant ce délai. Tout contrat signé sous pression peut être annulé.
Arnaque n°2 : le devis 'entre amis' sans engagement écrit
Vous obtenez une recommandation dans votre réseau. L'artisan passe, donne un prix verbal de 2 500 € pour refaire la salle de bain, commence les travaux. La facture finale monte à 4 800 € avec une série d'« imprévus » qui n'ont jamais fait l'objet d'un accord écrit. Ce mécanisme fonctionne précisément parce que la confiance préexistante inhibe la vigilance. Les « imprévus » sont réels dans le bâtiment — mais ils doivent systématiquement faire l'objet d'un avenant écrit signé avant l'exécution. Réflexe : exigez un devis détaillé et signé même avec un artisan recommandé par un ami. La confiance ne remplace pas le contrat.
Arnaque n°3 : l'acompte élevé et la disparition
L'artisan demande 50 à 70 % d'acompte « pour acheter les matériaux », commence peut-être 1 ou 2 jours de travaux pour crédibiliser sa présence, puis ne revient plus. Téléphone éteint, adresse introuvable. Selon la DGCCRF, les secteurs les plus touchés sont : toiture, ramonage, rénovation façade, assainissement. Les signaux qui précèdent cette arnaque : insistance pour payer en espèces, absence de SIRET vérifiable, devis manuscrit ou sans en-tête, pression pour signer le jour même. Règle d'or : ne versez jamais plus de 30 % d'acompte avant le démarrage du chantier. Pour les chantiers de plus de 6 000 €, des situations de travaux mensuelles sont préférables au paiement en une seule fois.
Arnaque n°4 : la fausse certification RGE
Pour bénéficier de MaPrimeRénov' ou des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), vos travaux doivent être réalisés par un artisan certifié RGE. Des professionnels peu scrupuleux présentent de fausses attestations ou des certifications expirées pour remporter des marchés en proposant des aides auxquelles vous n'aurez finalement pas droit. Comment vérifier : le site france-renov.gouv.fr propose un annuaire officiel des artisans RGE. Cherchez votre prestataire par son nom ou son SIRET. Si son nom n'y figure pas, la certification est invalide — et vous perdrez toutes les aides associées à vos travaux.
Arnaque n°5 : le gonflement de surface ou de quantités
Un artisan facture 85 m² de parquet posé dans un salon de 62 m². Ou 18 m² de carrelage pour une salle de bain de 12 m². Ces écarts passent souvent inaperçus car les particuliers ne mesurent pas systématiquement leurs surfaces avant et après chantier. Comment s'en prémunir : mesurez vos pièces avant la signature du devis et reportez les surfaces exactes dans le document. Demandez à l'artisan de justifier sa quantité (chutes comprises, chevauchement de lés, etc.). En fin de chantier, contrôlez les bons de livraison des matériaux : ils indiquent les quantités réellement utilisées.