Dommages-ouvrage et décennale : deux assurances complémentaires
On les confond souvent. Pourtant, elles n'assurent pas les mêmes personnes : L'assurance décennale est souscrite par l'artisan ou l'entreprise. Elle couvre sa responsabilité en cas de dommage grave pendant 10 ans. L'assurance dommages-ouvrage est souscrite par vous, le maître d'ouvrage (celui qui fait faire les travaux). Elle préfinance les réparations relevant de la décennale, sans attendre que l'on détermine qui est responsable. Concrètement, en cas de gros désordre, la dommages-ouvrage vous indemnise vite, puis se retourne elle-même contre l'assurance décennale de l'artisan. Sans elle, vous devez prouver la responsabilité et souvent passer par un procès avant d'être indemnisé.
| Critère | Décennale | Dommages-ouvrage |
|---|---|---|
| Qui souscrit | L'artisan / l'entreprise | Le maître d'ouvrage (vous) |
| Quand | Avant les travaux | Avant l'ouverture du chantier |
| Rôle | Couvre la responsabilité de l'artisan | Préfinance la réparation sans attendre le juge |
| Durée | 10 ans après réception | 10 ans après réception |
Ce qu'elle couvre exactement
L'assurance dommages-ouvrage couvre les désordres qui relèvent de la garantie décennale, c'est-à-dire ceux qui : — compromettent la solidité de l'ouvrage (fissures structurelles, affaissement, effondrement) ; — ou le rendent impropre à sa destination (infiltrations rendant le logement inhabitable, défaut d'étanchéité majeur, problème de fondations). Elle ne couvre pas les désordres esthétiques mineurs, l'entretien courant, ni les équipements relevant de la garantie biennale. Son intérêt est d'agir vite sur les dommages les plus lourds, là où les sommes en jeu sont importantes.
Combien ça coûte et quand la souscrire
Le coût d'une dommages-ouvrage se situe en général autour de 2 à 4 % du montant total des travaux, payé en une fois avant le chantier. Pour une rénovation lourde de 50 000 €, comptez donc grossièrement 1 000 à 2 000 €. Elle doit être souscrite avant l'ouverture du chantier. Elle s'impose surtout pour les travaux de gros œuvre : extension, surélévation, rénovation touchant à la structure, aux fondations, à la toiture ou à l'étanchéité. Pour de simples travaux de décoration ou d'aménagement léger, elle n'est pas requise. Point clé souvent ignoré : si vous revendez dans les 10 ans, l'absence de dommages-ouvrage devra être signalée à l'acheteur et peut faire échouer ou décoter la vente.
Que se passe-t-il si je ne la souscris pas ?
Pour un particulier qui fait construire ou rénover sa propre résidence, la sanction pénale prévue par la loi n'est en pratique pas appliquée. Mais ne pas souscrire vous expose à de vrais risques : — En cas de dommage décennal, vous devrez engager vous-même une action, prouver la responsabilité de l'artisan et attendre, parfois des années, avant d'être indemnisé. — Si l'entreprise a disparu, fait faillite ou n'est plus assurée, vous pouvez vous retrouver sans recours effectif. — À la revente dans les 10 ans, l'absence d'assurance doit être mentionnée et pèse sur la transaction. Pour des travaux lourds, c'est une protection dont le coût est très inférieur au risque qu'elle couvre.